Sexisme en sciences : les chercheuses lésées par les jurys qui minimisent les stéréotypes de genre

Plus les jurys minimisent l’existence d’une discrimination liée au genre, moins ils recrutent de femmes, constate une étude du CNRS, qui s’auto-évalue dans son processus de recrutement des directeurs et directrices de recherche.

Les scientifiques ont beau professer la rigueur, quand il s’agit d’évaluer les capacités d’une femme à devenir directrice de recherche, ils n’échappent pas aux stéréotypes de genre sans en avoir forcément conscience, révèle lundi 26 août 2019 une étude du CNRS français.

Au CNRS, seulement 29% de directrices de recherche

Les femmes restent sous-représentées dans la recherche scientifique. Au CNRS, le pourcentage moyen de femmes parmi les chargés de recherche était de 38,1% fin 2017 et de 29,2% parmi les directeurs de recherche. Le concept de science demeure “beaucoup plus fortement associé au masculin qu’au féminin chez la plupart des scientifiques” comme dans la population générale, “en raison d’automatismes stockés dans notre mémoire depuis l’enfance“, explique à l’AFP Isabelle Régner, chercheuse à l’Université Aix-Marseille et co-auteure de l’étude.

Même parmi les institutions aux meilleures intentions, un parti pris implicite peut encore entraver les efforts visant à promouvoir des pratiques d’embauche et de promotion plus inclusives“, témoigne une publication de 2019 de le Collège américain des chirurgiens, à propos de la place des femmes et minorités en chirurgie. D’autant que, même lorsqu’ils sont embauchés dans un groupe par ailleurs homogène, les groupes minoritaires obtiennent souvent des résultats inférieurs lorsqu’ils perçoivent que c’est ce que l’on s’attend de leur part. Une sorte de prophétie auto-réalisatrice néfaste, d’après les chirurgiens américains.

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