Le toujours très difficile traitement des plaintes pour violences sexuelles

Procédures classées sans suite, instructions à rallonge… deux ans après #metoo, le parcours des femmes qui saisissent la justice est aussi long qu’incertain.

« La justice nous ignore, on ignore la justice. » En accusant publiquement le réalisateur Christophe Ruggia d’« attouchements » et de « harcèlement sexuel » lorsqu’elle avait entre 12 et 15 ans, l’actrice Adèle Haenel a en même temps exclu auprès de Mediapart, à qui elle s’est confiée, toute volonté de porter l’affaire sur un terrain judiciaire. Au-delà des faits dénoncés – et niés par le réalisateur –, elle attaque une institution qui « condamne si peu les agresseurs ». Les mots peuvent sembler sévères, mais ils soulignent le difficile traitement des plaintes pour violences sexuelles. Car pour les femmes qui saisissent la justice, le parcours semble aussi long qu’incertain.

Des cas les plus médiatisés en France dans la foulée du mouvement #metoo, né il y a deux ans avec l’affaire Weinstein, beaucoup sont encore en suspens. Aucun n’est encore passé par la case tribunal. Sauf un, comme un pied de nez à la libération de la parole des femmes : la journaliste Sandra Muller a été jugée, fin mai, pour diffamation. Celle qui a popularisé le mot-clé #balancetonporc était poursuivie par Eric Brion, ancien patron de la chaîne Equidia, après avoir publié sur Twitter des propos sexistes qu’il aurait tenus. Le 25 septembre, elle a été condamnée à 15 000 euros de dommages et intérêts. Elle a fait appel.

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