Les femmes juges à la Cour pénale internationale : En leur âme et conscience

Les plafonds en crépi blanc, les couloirs infinis, vous ne les verrez pas. Le tribunal sobre, moderne, vous n’en apercevrez aucune image. Au Tribunal Pénal International (TPI), les photos sont interdites. On est sous haute surveillance. Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, est jugé en ce moment même, derrière ces murs épais. Les drapeaux des Nations Unies claquent, emportés par des bourrasques de vent salé. Nous sommes à La Haye, au cœur de la justice pénale internationale. Sont jugées ici les affaires en première instance pour l’ex-Yougoslavie et, en appel, à la fois pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda.

Les femmes que nous allons rencontrer travaillent ici. Elles ont vu défiler les plus grands criminels de ces vingt dernières années, et elles les ont jugés.[1] Sur les dix juges de la chambre d’appel, elles sont trois femmes : Arlette Ramaroson, malgache, Andrésia Vaz, sénégalaise, et Khalida Rashid Khan, pakistanaise. Leurs points communs : une famille qui les a soutenues, un mari qui les a suivies et une ténacité à toute épreuve.

Madame la juge

Faut-il dire Madame la juge ? “Dites, dites…, s’esclaffe Andrésia Vaz. Du moment quevous précisez bien Madame…” Toutes trois ont é

Our videos