Madame Parfaite n’existe pas

“ Etre parfaite jour après jour, année après année, est devenue comme porter toujours un sac à dos rempli de briques sur mon dos. Oh, comme j’avais secrètement envie de poser mon fardeau.” Anna Quindlen, journaliste et auteure américaine, dit tout haut ce que nous pensons tout bas.

Comment en sommes-nous arrivées à rechercher constamment la perfection ? Et surtout, pourquoi cette recherche est-elle un fardeau plus qu’autre chose ?

Rien de bien n’émane de la perfection. Car elle nécessite l’imitation. « […] Cela exige […] que vous lisiez le zeitgeist de n’importe où et de n’importe quand, et que vous endossiez les masques nécessaires pour être le ou la meilleur·e selon ce que le zeitgeist dicte ou exige. Ces exigences changent de forme, bien sûr, mais lorsque vous êtes intelligent·e, vous pouvez les lire et faire l’imitation requise. Mais rien d’important, ni significatif, ni beau, ni intéressant, ni grand n’émane d’une imitation. Ce qui est vraiment difficile, et vraiment incroyable, est de renoncer à être parfait·e et de commencer à devenir soi-même. »

Quand on pense perfection, on pense beauté. Et tous les stéréotypes qui vont avec. Blancheur, minceur, … Et ce mythe nous rend non seulement constamment insatisfaite (qui peut affirmer être arrivée à la perfection ?) mais surtout victime d’un système dont nous ne connaissons pas les règles. En d’autres termes, “le mythe de la beauté a été institutionnalisé durant les deux dernières décennies comme lien direct entre les femmes et la vie publique. Il lie l’énergie des femmes à la machine du pouvoir tout en altérant la machine le moins possible pour que ce soit elles qui s’adaptent ; en même temps, il affaiblit l’énergie des femmes jusqu’à son point d’origine. (Naomi Wolf, The Beauty Myth). Comment en sommes-nous arrivées là ?

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