La mixité, c’est aussi l’affaire des hommes

Dans le cadre du cycle de conférences Financi’Elles en partenariat avec l’ANVIE, le Comité Réseaux accueillait en mars Christophe Falcoz pour une conférence à Paris et à Lyon, sur le thème « Les hommes et leur rapport à la mixité dans l’entreprise : quelles évolutions? »

La masculinité, terra incognita?

La première des réflexions à conduire, selon lui, porte sur les contours de la masculinité, moins clairement définis qu’il peut y paraître et surtout beaucoup moins conscientisés par les hommes eux-mêmes que ne le sont ceux de la féminité pour les femmes.

Ce sont des rites et des apprentissages plus « secrets », voire presqu’inavouables, qui forgent une virilité réputée endurante, combative, compétitive, sans peurs ni larmes.

Dans le regard et les attentes explicites ou implicites des parents, des hommes des autres générations, des pairs, des institutions, une demande renouvelée d’être un homme, un vrai, impose avant tout de se différencier de tout ce qui pourrait être rapporté au féminin… Au risque, pour l’individu, de laisser tout un pan de sa personnalité singulière en friches. 

Tous et toutes victimes d’une masculinité étriquée

Cette masculinité étroite et pourtant « hégémonique » dit Falcoz, emprisonne les hommes mais a aussi des conséquences pour les femmes, qui peuvent tendre à se masculiniser pour faire leur place dans les espaces du pouvoir, et plus généralement sur tout un système organisationnel qui définit de façon rigide les critères de compétences et de performance mais aussi très concrètement les façons de faire au quotidien, dans le travail.

Ainsi par exemple, la tradition de disponibilité des hommes à la tâche professionnelle favorise-t-elle le présentéisme ; les rémanences militaires de la hiérarchie en entreprises encouragent-elles la persistance d’une légitimité par le statut que vient encore renforcer la valorisation de la reconnaissance par les hommes qui font autorité ; le culte du « winner » fait-il obstacle à la concrétisation d’un véritable droit à l’échec pourtant indispensable à l’épanouissement d’une culture de l’innovation. 

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