Les femmes doivent enfin oser être phénoménales !

Claire Saddy préside la fédération Les Pionnières, qui développe et anime des incubateurs et des pépinières au service d’entrepreneures innovantes et créatrices d’emplois durables. Elle explique pourquoi beaucoup d’entrepreneuses ne se retrouvent pas dans l’univers des start-up.

L’année dernière, les femmes ont créé 39,5 % des entreprises individuelles ­(chiffres de l’Insee). Quel bilan faites-vous de l’entrepreneuriat féminin ?

On a beaucoup progressé, mais la mixité entrepreneuriale reste beaucoup plus importante dans les pays anglo-saxons. Le déficit de culture entrepreneuriale touche autant les Français que les Françaises, mais ces dernières manquent de modèles de ­grandes patronnes auxquelles s’identifier. Beaucoup rêvent de lancer leur entreprise, mais peu osent sauter le pas.

Elles réfléchissent trop, ont souvent du mal à croire en elles-mêmes. Beaucoup souffrent aussi du syndrome de l’imposteur : elles ne se pensent jamais suffisamment compétentes ou qualifiées et doivent en permanence se prouver qu’elles sont bien à leur place. Les femmes ne solliciteront ainsi jamais leur banquier tant que leur dossier ne se sera pas parfaitement ficelé, dans les moindres détails, alors que les hommes le présenteront de manière moins exhaustive.

Il ne faut pas non plus attendre d’avoir la grande idée pour se lancer : l’entrepreneuriat est un processus itératif, c’est chemin faisant que l’activité se précise. Beaucoup de femmes ont enfin du mal à se projeter dans l’univers très compétitif des start-up, qui est dominé par des questions de performances. Elles sont plus attachées à créer des emplois et à donner du sens à leur vie à travers l’innovation sociale, solidaire ou environnementale. Il faut qu’elles intègrent ces codes et se placent dans une affirmation pacifique d’elles-mêmes pour enfin oser être phénoménales.

 

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