Je ne me suis jamais posé la question du genre jusqu’à ce que…

Jusqu’à récemment, je n’avais jamais vraiment réfléchi au fait que j’étais une femme évoluant dans un milieu essentiellement masculin. Je sais que beaucoup d’entre vous trouveront cette observation surprenante. En réalité, je n’ai jamais eu l’impression de me heurter aux barrières qui se dressent généralement dans la carrière d’une femme. Je n’avais pas peur de « m’asseoir à la table » ou de « prendre le pouvoir » et j’ai toujours cru que je pouvais « tout avoir », des ambitions professionnelles ET une vie de famille.

Et puis, progressivement, j’ai commencé à m’interroger. En mai 2016, j’ai été nommée à la tête d’ENGIE, ce qui fait de moi la seule femme à diriger une entreprise du CAC 40. Ma nomination à ce poste a déclenché toutes sortes de réactions. J’ai reçu de nombreux messages de félicitations de la part de femmes qui y ont vu un nouveau coup porté au fameux plafond de verre. D’autres personnes ont simplement manifesté de la curiosité à mon égard, se demandant si mes actes révèleraient un style de direction différent, plus féminin. A partir d’un relevé minutieux de mes faits et gestes, des observateurs avertis se sont mis en tête de dresser un portrait-robot de « La Femme dirigeante ». Comme si nous pouvions croire à de telles généralisations à propos de « l’Homme dirigeant » ! Quelles qu’aient été les réactions, cet événement n’a pas manqué de susciter une grande attention.

Il m’est alors apparu évident que malgré tous les progrès réalisés en matière d’égalité des genres, l’œil n’était pas encore habitué à voir une femme occuper un poste de direction.

En y réfléchissant, cela n’aurait pas dû me surprendre.

Dans le secteur de l’énergie, dans lequel j’ai travaillé pendant une grande partie de ma carrière, les femmes sont 13 % à occuper des postes de direction et représentent seulement 1 % des directeurs généraux des entreprises de l’énergie.

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