Les préjugés sur les femmes ont la peau dure chez les investisseurs

Pour gagner en crédibilité, les startuppeuses doivent souvent adapter leur attitude et leur discours face au milieu très masculin de l’investissement.

Une nouvelle génération de startuppeuses émerge. « Les moins de 30 ans entretiennent un rapport décomplexé à l’argent et au business, ont été formées à l’entrepreneuriat et y voient un moyen de réussir dans la vie », résume Séverine Le Loarne, professeure à Grenoble Ecole de Management, titulaire de la chaire Femmes et renouveau économique. Pourtant, les difficultés que les femmes éprouvent à trouver des financements pour créer et développer leur start-up persistent. Même si elles lèvent de plus en plus de fonds, l’écart avec les hommes reste toujours important. Le baromètre StartHer KPMG fixe le ticket moyen des start-up dirigées par des femmes à 1,8 million d’euros, ce qui est deux fois moins élevé que celui des start-up dirigées par des hommes.

 

Business plan trop réalistes

Alors les femmes manqueraient-elles d’ambition ? « Certainement pas, assure Florence Richardson, coprésidente de Femmes Business Angels. Lorsqu’elles sont à la tête d’une entreprise à caractère innovant, elles entretiennent les mêmes ambitions que les hommes. Mais souvent leurs business plans sont trop réalistes et ne font pas assez rêver. » Séverine Le Loarne abonde en ce sens, conseillant de se concentrer sur la proposition de valeur de l’entreprise plutôt que de tout centrer sur le produit.

La coprésidente de Femmes Business Angels regrette par ailleurs qu’encore trop peu de femmes intègrent des écoles d’ingénieurs, sésame pour intégrer l’équipe fondatrice de start-up innovantes. Elle remarque un penchant naturel pour des secteurs d’activité « genrés », tels que le social, la mode ou la puériculture, qui nécessitent moins de capitaux et représentent aussi moins de potentiel aux yeux des investisseurs.

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