« T’es qui toi pour que je te demande ton avis ? »

Un jour Adrienne Yabouza a pris la parole ! Elle a commencé à raconter ce que vivaient les femmes modestes, celles qui sont peu ou pas instruites et dont personne ne parle. Elle a mis des mots sur leurs souffrances et sur les injustices qui leur sont faites quotidiennement. La première étant de n’être pas considérées, d’être vues comme ne valant rien. 

C’est à la suite de sa rencontre avec Yves Pinguilly, écrivain, dans une rue de Bangui il y a quelques années qu’Adrienne Yabouza a co-écrit avec lui des histoires évoquant la vie des femmes d’Afrique centrale, en particulier de la République de Centrafrique. Mais à la suite de la parution de ces livres, Adrienne et sa famille ont été victimes d’intimidations d’abord, puis d’agressions physiques; elle a du fuir son pays et demander le statut de réfugiée politique à la France, statut qui lui a été accordé récemment après deux ans d’attente.

Dans le pays d’Adrienne Yabouza les hommes décident encore d’à peu près tout ! Ce sont eux qui tirent les ficelles des questions politiques et de la gestion des affaires publiques, ce sont eux qui posent les cadres de la vie privée et de la répartition des rôles entre les femmes et les hommes. Le plus souvent ils ne consultent pas les femmes, auxquelles ils reconnaissent rarement un droit à connaître leurs affaires ou à donner leur avis, même quand ces décisions les concernent au premier chef. « Tu es qui toi pour que je te demande ton avis ? »

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