Qui est Ingrid Daubechies, prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science ?

On écoute aujourd’hui de la musique sur son smartphone ou on y télécharge des films, sans être conscient des prouesses conceptuelles nécessaires au développement de ces technologies du quotidien. Outil-clé de la révolution numérique, l’analyse par ondelettes fournit un cadre mathématique précis pour l’amélioration d’algorithmes initialement proposés par des ingénieurs travaillant en détection pétrolière, en audio ou en traitement d’image. Ingrid Daubechies, qui vient d’être distinguée par le Prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science, est une actrice majeure de cette révolution.

De la physique théorique à la compression d’images

Physicienne théoricienne de formation, Ingrid Daubechies voit sa carrière prendre un tour inattendu au milieu des années 1980, lorsqu’elle vient travailler à Marseille avec un autre physicien théoricien, Alex Grossmann. Celui-ci commençait alors à interagir avec Jean Morlet, ingénieur géophysicien, sur une amélioration de l’analyse de signaux sismiques. Il s’agissait d’envoyer dans le sous-sol une vibration qui, après réflexions, fournissait un écho porteur d’informations sur la composition des différentes couches géologiques, et en particulier sur la présence éventuelle de pétrole. La technique utilisée alors était de décomposer le signal sur une superposition de sinusoïdes de longueur finie. Jean Morlet avait remarqué qu’en fixant ainsi cette longueur, on ne pouvait pas analyser correctement les signaux qu’il étudiait, ceux-ci recelant des détails de toutes tailles. Il eut alors l’idée d’une méthode alternative permettant d’explorer toutes les échelles possibles en dilatant ou comprimant une unique fonction régulière, oscillante et bien localisée, qu’il baptisa ondelette.

 

Read more

Our videos