Audrey Pulvar : « le féminisme est une affaire de société et non une affaire de femmes »

Audrey Pulvar, journaliste reconnue, n’a jamais faibli dans son engagement féministe. Cet engagement est nourri par son désir de ne pas laisser le silence couvrir les voix qui s’élèvent contre toutes les injustices et violences qui touchent les femmes. Elle partage ses réflexions au moment où, comme elle le constate, nous vivons dans un bruit général sexiste.

 

Comment retraceriez-vous votre vie de féministe ? 

J’utilise souvent l’expression « Je suis tombée dans le féminisme quand j’étais petite », un clin d’œil à la fameuse expression du bien français Obélix et sa chute dans la potion magique. Je suis en effet née dans une famille où les combats d’émancipation des peuples, des êtres, des femmes, étaient au menu au quotidien. Mon père était un homme politique, un syndicaliste représentant le mouvement indépendantiste martiniquais, qui toute sa vie a défendu les salarié-e-s et ouvrier-e-s. Ma mère était assistante sociale, et elle a aussi consacré sa vie au service de celles et ceux qui en avaient le plus besoin. Mes grands-parents maternels étaient – comme on dit – de « basse extraction », et se sont sacrifiés pour leurs enfants (au nombre de 7, et quasiment toutes des filles). Entre ma grand-mère, qui est pour moi ma première féministe, une femme très forte et inspirante, ma mère, et mes tantes, j’ai baigné entourée de modèles féminins, et je suis en plus la benjamine d’une fratrie de 3 filles, 2 sœurs aînées plus âgées que moi qui m’ont tiré vers le haut…

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