Le Mythe de la virilité Un piège pour les deux sexes

Et si les hommes avaient toujours été, eux aussi, victimes de la domination masculine ?
De la préhistoire à nos jours, une passionnante histoire du féminin et du masculin, qui revisite de

façon originale le vieux thème de la guerre des sexes.

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Le mythe de la virilité est un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé la supériorité de
l’homme sur la femme, mais aussi sur l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le «
pédéraste »…) Historiquement, ce mythe, qui renvoie autant à Hercule qu’à Prométhée, a ainsi
légitimé aussi bien la minoration de la femme que l’oppression de l’homme par l’homme.
Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance, guerrière, politique et sexuelle, est en pleine
déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les
masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de tous ses attributs phalliques et
souhaitent le retour à l’ordre patriarcal. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes,
une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause.
La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l’homme, en voulant y enfermer la
femme, s’est tendu à lui-même aux origines de la civilisation.
En faisant du mythe de la supériorité masculine le fondement de l’ordre social, politique, religieux,
économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l’appétit de conquête et l’instinct
guerrier, l’homme a justifié et organisé la séquestration des femmes, mais il s’est aussi condamné
à réprimer ses émotions, redouter l’impuissance, honnir l’effémination et entretenir la culture de la
violence et de la « belle mort ». Le devoir de virilité est un fardeau, et « devenir un homme » un
processus extrêmement coûteux.

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