Écart salarial hommes-femmes : la guerre des chiffres

Le 8 mars dernier, Journée des droits des femmes, a failli nous rendre fous. En cause : des chiffres – très – différents qui ont circulé concernant l’écart salarial entre les hommes et les femmes en Belgique. 3,3 % ? 19,4 % ? Alter Échos a tenté d’y voir plus clair. Et a déniché un scoop : ils sont tous les deux corrects…

8 mars 2019, Journée de la grève des femmes. Sur les ondes de La Première, en cette fin de journée, les rires sarcastiques fusent. Walid, l’animateur de C’est presque sérieux, s’en paie visiblement une bonne tranche, comme les chroniqueurs et chroniqueuses de l’émission d’ailleurs. Il faut dire que les extraits sonores qui passent à l’antenne ont de quoi faire sourire. Depuis quelques dizaines de secondes, un florilège de clichés sur le féminisme et l’égalité hommes-femmes – collectés façon micro-trottoir auprès de malheureux passants – s’enchaînent à un rythme effréné. Avant que Walid, visiblement sonné, ne finisse par lâcher : « Eh oui, aujourd’hui, à même diplôme, le salaire n’est pas égal – NDLR : entre les hommes et les femmes. » Et que l’un de ses chroniqueurs ne renchérisse : « C’est vrai qu’il y a 19,4 % en moins… »

À l’écoute de ce chiffre, un doute nous envahit. 19,4 % ? N’avions-nous pas lu un article, il y a un an, expliquant que la Belgique était presque la meilleure élève de la classe européenne en matière de « gap salarial » ? Quelques clics plus tard, plus de doute possible, nous n’avions pas rêvé. Le 5 avril 2018, le quotidien britannique The Independent titrait en tête d’un article fouillé : « How Belgium is defeating the gender pay gap » (« Comment la Belgique est en train de vaincre l’écart salarial hommes-femmes »). Avant de citer un chiffre hallucinant : 3,3 % de différence « seulement »… Comment, en un peu moins de douze mois, notre pauvre pays a-t-il pu dégringoler aussi bas ?

 

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