Le rôle des réseaux masculins dans les violences faites aux femmes

L’affaire Harvey Weinstein et celles qui l’ont suivie sont généralement considérées comme relevant de l’« abus de pouvoir ». Cette conception de la réalité correspond à l’argumentation développée par les grands studios américains pour refuser un code de bonne conduite : « Ce serait une mauvaise façon d’encadrer des pratiques qui restent individuelles et qui concernent tous les secteurs de l’industrie » estime Charles Rikvin, président de la Motion Pictures Association of America (MPAA), qui regroupe les six principaux studios d’Hollywood.

En ne retenant que la dimension individuelle et exceptionnelle de ces affaires, on les minimise considérablement et on s’exonère à bon compte de ce qui relève plus généralement de la domination masculine. Dans son essai « Sur la violence », Hannah Arendt a clairement distingué le pouvoir, qui est toujours collectif, de la puissance, qui est la propriété d’un individu. Ces scandales révèlent des abus de puissance, mais le pouvoir est rarement mis en cause, sinon vaguement, lorsqu’on accuse le « système » d’être au final responsable.

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