Elle veut “vacciner” les patrons contre leur misogynie

Pour aider les patrons à recruter les 40% d’administratrices que leur impose désormais la loi, la chasseuse de têtes Lucille Desjonquères de Leyders Associates a constitué un vivier de 1.000 professionnelles compétentes. Interview.

La loi Copé-Zimmerman impose un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration à partir du 1er janvier 2017. Quelles sociétés sont concernées ?

Cette loi concerne plus de 2.200 sociétés, c’est-à-dire les groupes cotés en bourse sur tous les marchés, mais aussi toutes les entreprises non-cotées qui affichent plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels et emploient plus de 500 salariés en France. Les sociétés dont les effectifs dépassent 250 collaborateurs ont jusqu’en 2020 pour s’y conformer… Seules les sociétés par action simplifiées (SAS) et celles dont le conseil comporte moins de 8 membres ne sont pour l’instant pas concernées.

Les dirigeants français ont eu six ans pour féminiser leurs conseils. A la veille de l’échéance, où en est-on ?

Même s’il subsiste de mauvais élèves [Lafarge, Airbus, Essilor, Casino, Carrefour, Bolloré, Safran, Crédit Agricole, Arcelor Mittal, Renault, NDLR], il y a eu de gros progrès parmi les entreprises du CAC40 où le taux moyen de féminisation des conseils est de 39,8%, et le SBF 120 où il atteint 38%. Il ne sera pas très difficile pour ceux-là de faire quelques nominations complémentaires, lors des assemblées générales du printemps 2017. En revanche, parmi les 600 entreprises cotées, seules 16% sont dans les clous. Leur taux moyen d’administratrices n’est que de… 24%. Et l’on tombe même à 14% pour les 400 non cotées concernées par cette loi. Certaines ne connaissent même pas l’existence de ce texte. C’est dramatique !

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